Laubrières

Paisible village à 85 m d'altitude, avec son église du XVIIe siècle, son château du Domaine et ses quelques commerces. Il aligne ses maisons en bordure de la route de Laval à Pouancé, entre Saint-Poix et La Roë, à 29 km de Laval et 14 km de Cossé-le- Vivien, son chef-lieu de canton. Il compte de nos jours environ 400 habitants contre 335 en 1726, 511 en 1851, 521 en 1898, 473 en 1908 et 426 en 1969.

L'église (1912)


Laubrières et son territoire furent distraits de Méral en 1661. Avant cette date, le quartier situé entre le Pont-Contemp..., les moulins de Mée, de Melouin, de Bigot jouissait déjà d'une certaine autonomie car il se trouvait séparés de Méral par la taille et le sel, en vertu des lettres patentes de 1643 et leurs habitants pouvaient assister aux offices dans la chapelle du château de la Cour de Laubrières, dite chapelle de secours. Le 1er juillet 1661, ces habitants adressaient une requête à l'évêque dans laquelle ils se plaignaient de la distance de deux lieues les séparant de l'église de Méral et surtout du mauvais état des chemins si fâcheux qu'il fallait deux bonnes heures pour se rendre à Méral, et [...] par temps pluvieux [...] inaccessibles à cause des étangs et chaussées à bardeaux. Le 16 juin de la même année, le curé de Méral reconnaissait, lui aussi, la nécessité d'une nouvelle paroisse pour le salut des âmes de ce quartier et le curé de Livré-la-Touche, chargé de l'enquête, émit un avis favorable en octobre 1661.

 


Rue de la Libération (1998)


Membre d'une famille angevine originaire de La Roë, François Lefebvre de Laubrières possédait la terre de Laubrières à la suite d'acquisitions successives. Dès le XVIIe siècle, cette famille habitait le manoir de la Cour de Laubrières. A la suite de l'érection de la paroisse, François Lefebvre de Laubrières abandonna sa chapelle, par acte en forme, en se réservant toutefois le droit de présentation du titulaire.

 


Château de La Tour (vers 1950)

La paroisse de Laubrières a donc conservé le nom de ses premiers seigneurs. On l'a doté d'un territoire de 831 ha qui se présente sous la forme d'une plaine où l'altitude extrême ne dépasse pas 90 m. Arrosé par la Mée, il dénombrait 49 fermes en 1843. De nos jours, il est recouvert de nombreux pâturages ; ses agriculteurs s'adonnent à la pratique de la polyculture et à l'élevage des bovins et des porcins.

 


Truie Craonnaise agée de 22 mois,

appartenant à M. J. Boisseau,

Premier Prix au Concours Spécial de Craon 1921

Sous la tourmente révolutionnaire, Laubrières comptait au nombre des communes voisines de la Bretagne où l'on dut établir des retranchements pour la troupe, à la suite d'un ordre du général Kléber. Les ouvriers qui effectuaient ses travaux furent payés le 17 mai 1794. Le 27 juin de la même année, les Chouans occupaient la bourgade. Ils pillèrent la maison du juge de paix Haligon qui dut aller se réfugier le lendemain à Craon.

 


Château Le Domaine ( vers 1950)


Primitivement sous le vocable de Saint- François, l'église de Laubrières est dédiée à la Vierge. Edifice du XVIIe siècle, il fut élevé à la suite d'une ordonnance de 1668 de l'évêque d'Angers, grâce aux soins de François Lefebvre de Laubrières. Il a subi quelques remaniements et des réparations au cours de son histoire. Il renferme trois retables en bois du XVIIe siècle.

L'inventaire, annoncé pour le mercredi 7 mars 1906, ne put se dérouler à cette date. Le curé, le maire et des adjoints ayant protesté contre l'oeuvre de la franc-maçonnerie, le délégué dut se retirer pour revenir, le 14 mars, accompagné de trois brigades. On s'attaqua aux trois portes. La dernière céda pour laisser voir l'intérieur de l'église tendu de noir comme pour une sépulture. L'agent y jeta un coup d'il et se retira.

 


Les Ecoles (vers 1950)

Le château de la Cour de Laubrières est visible, à la sortie du bourg, à proximité de la route qui rejoint La Roë. Edifié au XVIIIe siècle, ses propriétaires ont donné leur nom à la commune. Ayant emprunté ce nom à un fief de l'Aubrière situé sur la Roë, ils ont vécu, depuis le XVIIe siècle, dans un ancien logis de très peu d'apparence.

Englobant surtout des seigneuries extérieures à la région, cette terre fut érigée en marquisat pour relever du Louvre par le fondateur de la paroisse, François Lefebvre de Laubrières, seigneur de Chaillé, Beuzon, Oranges, la Frênaie, l'Essart et la Rouvenais. Membre d'une famille angevine, originaire de La Roë, qui avait pour armes d'azur à une levrette d'argent colletée de gueules, il unit sa destinée à celle de Jacqueline Le Bégassoux et devint doyen au parlement de Bretagne. Il décéda, sans enfant, le 6 décembre 1868.


Rue de Saint-Poix (vers 1950)

Charles-François, fils de François Lefebvre de Laubrières qui avait hérité du domaine de son oncle, convola en justes noces, le 22 avril 1713, avec Anne- Marie de Blaire. Le comte de Pontchartrain, garde des sceaux, et Mme de Maintenon apposèrent leur signature sur le contrat de mariage qui stipulait que la future épouse devait avoir pour demeure le principal manoir de la terre de Laubrières, meublé convenablement. Veuf le 9 juillet 1718, Charles-François embrassa l'état ecclésiastique et reçut tous les ordres en deux mois. C'est lui qui fit ériger, en mars 1725, sa seigneurie en marquisat. Pourvu de l'évêché de Soissons le 26 juillet 1731, intronisé le 13 janvier 1732, il en prit possession le 16 mars suivant. Il mourut le 25 décembre 1738.

 

 Marquis de Laubrières, son fils, Charles-François devint capitaine de cavalerie. De son union avec Elisabeth de Crespy, le 25 décembre 1750, naquit Charles-François-Gabriel-Jérôme, en 1754 à Briançon, dans le Maine-et-Loire. Ce dernier assista à l'Assemblée de la noblesse en 1789. En 1824, on le découvre conseiller général du canton de Seiches.

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